Thématiques pour la transition et la résilience locales (EXEMPLES)

Un grand nombre de thématiques sont disponibles pour le lancement d'une transition locale. En général, celles-ci s'échelonnent au cours du temps, avec un ou plusieurs projets pour démarrer la transition vers une vie plus locale que maintenant et où les citoyens auraient sans doute moins de raisons de voyager.

Ci-dessous voici des thématiques courantes dans les projets.

Ainsi, fréquemment l'Alimentation est choisie parmi les premières thématiques de projet, vaste domaine pour une reconquête progressive de la souveraineté alimentaire. L'utilisation des principes de permaculture est très conseillée pour de multiples raisons.

Pour chacune de ces thématiques, la résilience à son niveau doit aussi être étudiée.

Alimentation

Pour l'alimentation, il s'agit souvent d'une relocalisation et d'un renforcement des productions alimentaires locales. Il s'agit aussi de moins dépendre des transports et de créer des emplois tout en renforçant l'autonomie alimentaire et la résilience.  Par exemple :

- les circuits courts : mettre en contact les producteurs et les consommateurs locaux, ces derniers pouvant commander en ligne avec un large choix de produits et récupérant lors de rencontres entre citoyens et producteurs. Une petite animation socioculturelle par les producteurs peut aussi être mise en place.

- les AMAP, boutiques éphémères, micro-boulangeries, épiceries communautaires et coopératives sont des projets fréquents. Parfois des gazons sont convertis en vergers et potagers, avec plantes aromatiques, salades, ...  Des arbres fruitiers peuvent être plantés sur le territoire, avec commandes groupées, ateliers soins, avec récoltes solidaires (fruits oubliés).

- les marchés de producteurs locaux (et autant que possible bios**). Une petite brasserie locale aussi.

** : bio ou agriculture raisonnée, sans pesticide sans engrais chimiques ni OGM


Agriculture

Plusieurs scénarios sont couramment choisis :

  • Des jardins partagés, avec mutualisation de l'achat de terreau, de semences (paysannes) et de petit matériel. 
  • Un renforcement de la polyculture, notamment dans le cadre de la viticulture. La monoculture appauvrit les sols et accentue les effets de la sécheresse et du gel. Des brebis peuvent fournir aussi du fumier pour les cultures. Cela peut aussi assurer un revenu complémentaire au vignoble.
  • Des cultures communes, notamment sous serres, peuvent être mises en place, avec des légumes frais, bio et de saison.
  • Des fermes conviviales et solidaire, à taille humaine
  • L'intégration d'arbres productifs, tant pour le rendement alimentaire que pour la séquestration du carbone et l'apport de bois. Avec les changements climatiques, la culture d'une plus grande variété d'arbres, de vignes et d'autres vivaces est possible. Quelques arbres sont à privilégier : châtaigner, pommier, prunier, le bambou, le prunier, le chêne pubescent, le noyer, l'aulne, le pin, le saule, le tilleul,...
  • La diversification des fermes : héberger diverses entreprises qui fournissent, entre autres, des énergies renouvelables locales, des plantes médicinales et des matériaux de construction. D'autres fermes peuvent se spécialiser dans la culture de champignons, de chanvre pour les tissus, de granules de bois, de biodiesel ou d'éthanol pour les besoins locaux

Les cultures de fruits et légumes locaux, qui nécessitent moins d'eau, sont à privilégier. 

L'utilisation des principes de permaculture permet notamment de réduire les arrosages, mais aussi d'augmenter la production et utiliser de plus petites surfaces.

L'utilisation des produits chimiques (pesticides, engrais,...) devrait être évitée, privilégiant autant que possible le BIO.

Les zones polluées (par souvent les fonds de vallées) devraient être dépolluées afin d'y introduire une agriculture vivrière.

La ré-installation d'abeilles aiderait à une pollinisation naturelle, en plus de constituer une source de revenus.


Social, démocratie et autres

Le renforcement de la résilience d'une économie locale redonne voix aux citoyens et ceux-ci s'épanouissent souvent dans les activités conjointes ou collaboratives de la transition locale.

L'initiative permet d'écouter les citoyens et de créer des types d'emplois qui satisfont les besoins de la communauté, qui célèbrent la culture locale et bénéficient vraiment au territoire. C'est très différent de l'économie mondialisée avec ses supermarchés.

Ces initiatives locales reconnectent les citoyens à ce qui se passe autour d'eux et à la politique, en apportant des opportunités de créer un futur plus attirant, où les citoyens sont impliqués dans le changement.

La transition locale peut aussi être considérée comme une "technologie sociale" qui permet de transformer le lieu de vie (le territoire) en un endroit plus résilient et de fédérer les habitants autour d'un grand projet pour réinventer l'avenir ensemble.

Les "échanges de savoir" (avec soutien et conseils) peuvent aussi constituer un programme. La transition locale conduit alors à se réapproprier les savoir-faire dans le territoire où ils se sont souvent perdus ; par exemple réparer un vélo, cuisiner, couper du bois, coudre,...

Voici quelques sujets divers : des balades gourmandes avec partages de recettes, un atelier compostage, une semaine du local, un annuaire des producteurs locaux, une visite d'un vignoble bio, un petit cinéma itinérant, un échange de vêtements, un défilé de mode éthique, des rencontres diverses en "café-transition" et cafés associatifs.


Habitat - habitations

Aujourd'hui il est courant d'envisager une norme telle que le bâtiment passif ("PassivHaus"), qui combine les avancées technologiques européennes avec l'emploi de matériaux écologiques d'origine locale, qui ont par ailleurs un plus faible coût de transport. Les habitations, qui seraient plus petites et plus efficaces, pourraient utiliser entre 70 et 80% de matériaux locaux pour la construction ou la restauration.

Des constructions et rénovations en matériaux locaux et naturels (torchis, paille, ...) sont en ligne avec les concepts de la transition locale. Les habitats "légers" ont aussi beaucoup d'avantages, notamment aux niveaux empreinte écologique et coûts de maintenance.

La mise en oeuvre de l'efficacité énergétique et l'utilisation accrue des énergies renouvelables, tant dans les habitation existantes que dans les nouvelles, complètent les buts de la transition locale.

L'utilisation des principes de permaculture dans les jardins au niveau des habitations, permet notamment de réduire les arrosages.

La construction d'un écovillage a des avantages pour les collectivités et les citoyens, dont la réduction de l'artificialisation des sols, la diminution des coûts des équipements et une meilleure socialisation pour les habitants.

La proximité est importante pour les commerces, les services publics, les artisans, la terre cultivée, les lieux de travail.


Energie

Monter une coopérative locale de production photovoltaïque est un projet fréquent. Chaque habitant peut ainsi devenir un investisseur de l'économie locale, via des actions.
Les territoires peuvent réduire leur dépendance au réseau national en créant des mini-réseaux d'énergie locale, interconnectés avec le réseau national. Plusieurs modes d'alimentation sont alors fréquemment utilisés simultanément : éolien, solaire, biomasse, marémoteur, ...

Les panneaux solaires et les éoliennes domestiques devraient aussi être favorisés, aidés des incitatifs généreux et par une baisse des prix éventuels.


Entreprises

La relocalisation d'entreprises vers le territoire redirige les flux financiers, et la "richesse" au sein de celui-ci.

Pour la création d'entreprises nouvelles, il s'agit de permettre à ceux qui souhaitent monter une entreprise compatible avec les objectifs de la Transition Locale d'être aidés et reliés entre eux, en créant une nouvelle source de revenus en établissant de la résilience locale.

De façon générale, il s'agit de faire en sorte que l'activité économique bénéficie au territoire, de rendre les lieux de vie plus résilients, de contribuer à une économie qui émette peu de carbone, de tenir compte que les ressources sont limitées, de ne pas travailler uniquement pour un profit personnel mais aussi servir une cause plus large. Si possible, il faudrait aussi autant que possible favoriser l'autogestion communautaire. Idéalement l'entreprise pourrait créer du lien social et impliquer les gens pour créer un réseau qui se mobilise pour la même cause plutôt que de travailler seul "dans son coin".

Voici quelques idées habituelles dans cette direction : créer un forum local des entrepreneurs, un petit incubateur de projets locaux ;  faire de la sensibilisation autour du commerce équitable et soutenir les entreprises locales. Dans les entreprises existantes, on peut introduire de petites initiatives comme un beau potager dont les employés s'occupent. Dans ces mêmes entreprises, on peut favoriser le covoiturage, et aussi ancrer l'entreprise localement via les approvisionnements.


Economie et monnaie

Une monnaie locale permet de resserrer les liens sociaux à l'intérieur de la communauté et de ne pas dépendre des fluctuation des prix. Elle construit un monde différent, qui bénéficie aux acteurs locaux ainsi qu'à leur identité (locale). Cette monnaie locale redynamise les circuits courts et renforce le lien social, et encourage aussi des échanges plus durables et respectueux de l'environnement.

Cela participe à l'émergence d'un système socio-économique alternatif et innovant qui renforce l'économie locale et permet aux citoyens de se réapproprier la monnaie.

Plusieurs modèles existent, tels que le SEL (système d'échange local) et la création d'une petite banque locale.

Un modèle d'économie nouvelle est en émergence : l'économie symbiotique : 


Transports

Concernant les moyens de déplacement, l'usage du vélo est une direction très positive, financièrement rentable, excellente pour la santé et limitant fortement la pollution sur le territoire. Pour encourager les nouveaux utilisateurs,  créer des "repair-café" leur permettrait de couvrir les aspects de maintenance. 

Lorsque des distances plus longues doivent être couvertes, du covoiturage, des prêts de véhicules, des petits bus de transport et autres moyens de transport, peuvent être envisagés; le train aussi; et bien entendu la marche à pied.

Il faut noter qu'une des conséquences du processus de relocalisation est souvent un ralentissement du rythme de vie (assez frénétique dans le monde actuel) et que le besoin de s'évader vers des destination lointaines et exotiques pour se relaxer, diminue dans les environnements en transition locale.

Selon les lieux, le transport fluvial (par exemple pour les productions locale) peut être intéressant.

L'accessibilité et la sécurité sont très importants. D'anciens axes pourraient être restaurés (chemins divers,...).


Education

La création collective de "récits de transition" dans les écoles, et la construction de représentations de la société et du territoire à laquelle les jeunes aspirent dans 10 ou 20 ans, aident fortement à envisager un avenir post-transition. Parfois les jeunes créent ensemble aussi un journal télévisé figurant ce que serait la vie quotidienne post-transition, et le mettent sur YouTube, à destination de la communauté locale.

Divers cours peuvent être délivrés, par exemple sur la permaculture (*) dans une intention de type "vivre en cultivant et de façon durable". Une formation professionnelle fondée sur la viabilité et la résilience, peut être encouragée localement : former à jardiner, à cuisiner, à travailler le bois, à s'alimenter, ... Dès le secondaire, les étudiants pourraient aussi apprendre la construction ainsi que la conception d'habitations.

Pour les adultes, de petits centres de "requalification" peuvent être crées avec un choix de cours pour développer les compétences pratiques viables (post-transition) autant pour le grand public que pour les professionnels.

(*) C’est une contraction de « culture permanente ». Elle se caractérise par un aménagement du territoire qui intègre harmonieusement habitats, humains, micro-climats, plantes annuelles et vivaces, animaux, sols et eaux et contribue à renforcer l’esprit de communauté.


Médecine et Santé

Certaines médecines douces (dites de nos grands-mères) sont simples, efficaces et peu coûteuses pour certaines affections courantes.

Lorsqu'un recours à un médecin est nécessaire, fréquemment la télémédecine rend possible les premiers tests et observations, diminuant les besoins de déplacement, réduisant les coûts et l'impact au niveau du temps requis.

En plus de traiter les maladies "simples", de petits centres de soins pourraient promouvoir la santé de différentes façons. Une bonne partie des remèdes prescrits par les médecins pourraient être d'origine locale, par exemple produits par des acteurs du territoire produisant les plantes médicinales essentielles qui seraient ensuite préparées, notamment dans de petits laboratoires locaux.

Il y a donc des approches pour éviter les crises sanitaires éventuelles.


Biodiversité

Favoriser la biodiversité sur le territoire est très important, tant dans les espaces publics et partagés que chez les citoyens. Autant que possible, il faudrait conserver les écosystèmes existants, les entretenir et les restaurer. En particulier les forêts sont des espaces en équilibre écologique et qui débordent de ressources naturelles (plantes diverses) et ... d'air pur ! Les haies sont aussi très intéressantes.

La biodiversité devrait aussi être privilégiée dans les diverses zones de culture, en utilisant les principes de permaculture pour diverses raisons et en limitant l'artificialisation des sols.


Eau

Il existe de belles réussites de relocalisation de l'approvisionnement en eau pour les territoires, en veillant à la propriété territoriale des moyens (autonomie) et à la relocalisation des opérations (emplois et flux financiers locaux). Des structures coopératives à capitaux locaux sont intéressantes. 

L'utilisation de bassins de rétention d'eau et la récupération des eaux de pluie sont devenus quasi indispensables au vu de l'évolution des sécheresses.  L'utilisation des principes de permaculture permet  notamment de réduire les arrosages.

A l'image des usages du passé, une infrastructure amenant l'eau pour tous les besoins hors eau de consommation courante, pourrait être envisagée.