Une Découverte

Un échelon local : une nouvelle économie à l'échelle d'un territoire

Un nouveau modèle est disponible pour faire face tant aux crises environnementales, sociales et économiques. Il permet d'agir à partir des atouts disponibles localement, par exemple mettre en place des circuits courts autour de chez soi et cultiver de façon diversifiée des terres disponibles.

Mais aussi regrouper les concitoyens autour de projets coopératifs, peut-être adopter une monnaie locale qui véhicule les valeurs de solidarité et qui permette à la richesse de fertiliser le territoire, ou devenir collectivement "promoteurs citoyens" pour proposer des logements économes à partir de matériaux locaux ou régionaux.

Les citoyens sont des acteurs clés de la Transition-résilience: à mi-chemin entre les gestes écologiques du quotidien et les décisions politiques de grande ampleur, la Transition Locale peut mobiliser des groupes d'habitants qui souhaitent agir au niveau de leur village, de leur ville, de leur vallée, ... avec un certain support de la part des municipalités.

Une nouvelle approche

La transition et la résilience locales sont des moteurs du développement économique : en reprenant en main la satisfaction de nos besoins de base au niveau local, nous pouvons développer une activité économique tout en réduisant notre dépendance au pétrole et nos émissions de carbone, et en ramenant aussi le pouvoir au local. 

Nous avons besoin au niveau le plus local possible, d'emplois, d'activité économique, de communautés plus fortes et plus heureuses, et une résilience locale associée.

Un des enjeux est de récupérer au niveau local une partie du flux financier qui s'échappe actuellement vers les supermarchés, les achats en ligne et les factures d'énergie. Cela créera des opportunités pour des entreprises nouvelles, renforçant l'économie locale et permettant aussi à des idées nouvelles d'aboutir et d'améliorer ainsi notre qualité de vie. Cette nouvelle économie (locale) raccourcit la distance entre producteur et consommateur, ainsi que notre dépendance au pétrole et nos émissions de carbone.

Si nous voyons aisément comment cette approche s'applique à la nourriture, nous pouvons l'étendre aussi à la production d'énergie et à d'autres aspects de nos économies locales tels que les matériaux de construction,

Ainsi l'objectif de croissance économique mondialisée peut être remplacé par un objectif (local) de bien-être, de bonheur, de vivre ensemble et de lien humain, tout en renforçant la résilience du territoire local et de ses habitants.

Un constat

Le pétrole et la mondialisation constituent le principal axe autour duquel s'articulent la plupart des crises qui menacent le monde : le pétrole a précipité la société dans un emballement consumériste avec un réchauffement climatique qui s'accélère. Malgré la publication de rapports alarmants et scientifiquement de plus en plus précis, nous voyons que les responsables politiques nationaux, U.E. et monde, tardent à mettre en oeuvre des solutions efficaces, et beaucoup doutent qu'ils le feront réellement à court ou moyen terme.

Le pétrole permet aussi aux multinationales d'inonder les territoires de produits d'origine souvent lointaine entraînant circuits longs, chômage local et fragilité en général. La grande distribution est maintenant un outil d'extraction de la richesse locale prélevée à la façon d'une industrie minière : la plupart des profits s'échappent vers des actionnaires déconnectés des enjeux de proximité.

Si l'action au niveau individuel est nécessaire (par exemple économiser l'énergie et l'eau, recycler), elle est loin d'être suffisante pour lutter contre les grands problèmes actuels.

Reste donc l'échelon local, celui de tous les possibles, et cela se vérifie déjà dans plus de 45 pays, dont la France, avec le réseau international des Territoires en Transition.

Un nouveau récit

A la différence du fréquent discours du catastrophisme, nous sommes convaincus qu'une histoire positive permet de déclencher le passage à l'action. Elle prend pour point de départ nos vies quotidiennes et les opportunités que chacun porte en lui et met en scène des voisins qui hier se croisaient sans se parler et font actuellement des projets communs (potagers communs, covoiturage, répar-café, ...), qui attirent progressivement les autres habitants. 

Cela se passe souvent avec l'aide du conseil municipal, souvent intéressé par le renforcement des atouts, de l'autonomie et de la résilience locales. Tout cela pour le plus grand bonheur de participants heureux de passer de bon moments ensemble et ... de réinventer leur vie pour aller vers plus de résilience.

Transition et Résilience

Il s'agit d'une Transition pour un futur durable, en consommant un peu différemment pour plus de pérennité et compatible avec l'écologie.

Mais nous allons rencontrer des chocs d'où l'importance d'intégrer conjointement la notion de résilience.

La résilience peut être vue comme la part manquante de la durabilité dans un contexte de Transition qui s'appuie sur des valeurs de justice sociale/de solidarité, de démocratie, de protection de l'environnement et d'autres valeurs positives.

Définir la notion de Résilience

La résilience d'un territoire peut être vue comme la capacité de ce territoire et de ses habitants à absorber des perturbations et à se réorganiser en intégrant ces changements, de manière à conserver les mêmes fonctions essentielles, la même structure et les mêmes capacités de réaction.

Sept principes aident à cerner ce qui rend nos territoires locaux plus vivants et résilients :

  • une bonne diversité (à tous niveaux)
  • une excellente modularité des éléments (pour fonctionner en parallèle ou conjointement mais aussi indépendamment)
  • un capital social (des communautés dynamiques pouvant réagir ensemble aux défis)
  • l'innovation (encouragement et importance de l'apprentissage et d'espaces d'expérimentation)
  • un certain degré de chevauchement au niveau des structures (plutôt qu'une centralisation extrême)
  • des boucles de rétroaction courtes (pour nos actions, par exemple l'introduction d'un circuit court)
  • des services écosystémiques (prise en compte de ses activités sur l'écosystème)

La résilience doit être étudiée à la fois pour le territoire global et pour les thématiques importantes pour le territoire.


Retombées sociales

Les retombées sociales sont par expérience immédiates : se retrouver autour des initiatives et recréer du lien dans la communauté permet de passer de bons moments. Les participants prennent du plaisir dans l'action et pas seulement dans son résultat.


Pourquoi agir localement ?

  • parce que l’économie devra probablement se re-localiser en grande partie,
  • parce que c’est le niveau auquel les citoyens peuvent inventer des solutions bien adaptées à leur réalité et passer à l’action,
  • parce que c’est près de nous que se trouvent les gens, les ressources et les solidarités pour agir,
  • parce qu’il n’y aura pas de lois magiques qui tomberont du ciel, ni de sauveurs bienveillants qui résoudront nos problèmes à notre place


Une initiative de Transition-résilience a comme objectifs de :

  • mettre en place des actions concrètes (achats locaux et collectifs, jardins partagés, monnaie locale, Incroyables Comestibles, repair cafés, recyclerie, fête, conférences…) souvent à partir de projets dormants
  • soutenir et valoriser les réalisations portées par d’autres (associations, Agenda 21, entreprises…)
  • encourager et favoriser la convergence entre les initiatives citoyennes et entre ces initiatives et les actions des pouvoirs publics sur les territoires